Miru Kim est une jeune artiste américaine d’origine coréenne qui s’est fait connaître par sa série de photo « Naked City Spleen », la mettant en scène, nue et fragile, au milieu de gigantesques lieux industriels, désaffectés et vides. En allant au bout d’elle-même et de ses questionnements, ses travaux les plus récents confèrent à l’expérience extrême. « The Animal That Therefore I Am” et “I Like Pigs And Pigs Like Me” flirtent avec les frontières de la philosophie, en interrogeant la notion de corps et en ce demandant ce qu’est finalement « être » humain, par opposition à l’être animal. Est-ce que se mettre en retrait de la communauté humaine pour en rejoindre une autre animale permettrait de mieux appréhender notre relation à nous-même et au groupe ?

Kim décida alors d’aller séjourner au milieu de 300 cochons d’une porcherie industrielle. Elle choisit le porc pour les nombreuses ressemblances physiologiques avec l’homme. Toujours nue, comme à son habitude. Elle passe 104 heures à vivre à leurs côtés. Façon pour elle de contester l’idée de dualité émise par Descartes à travers son célèbre « je pense donc je suis ». Pour l’artiste, ce n’est pas la pensée et la raison qui donne la prise de conscience de son existence, mais peut-être juste le corps en lui-même.

En cohabitant avec une autre espèce de manière prolongée, dans leur environnement, c’est par son corps et sa peau qu’elle ressentit sa propre existence. Frontière entre l’être et l’humain, la peau agit comme membrane entre le dehors et le dedans, le monde extérieur et le soi, entre corps et âme, il n’y a donc plus de dichotomie entre les deux. Par sa performance Miru Kim illustre aussi de manière étonnante les syndromes de dépersonnalisation de notre société moderne et sa faculté à générer de l’anonymat au sein de ses organisations, telles les grandes entreprises où le sentiment de prise en compte du soi est délaissé au profit du groupe uniforme. De la même manière, la virtualisation croissante des échanges engendrent des contacts humains de moins en moins fréquents. L’esprit est valorisé au détriment du corps.

Pour pallier à cela, des techniques telles que le team building permettent de concilier implication dans l’entreprise et richesse des échanges humains, pour que l’expression « esprit de corps » reprenne tout son sens. De la même manière, l’improvision théatrale permet de remettre intelligence animale, intuition et spontanéité au sein d’un groupe souvent régit par des codes plus ou moins implicites. S’immerger pour mieux prendre conscience de son individualité, favoriser le développement personnel, la confiance en soi par des principes qui sont l’exact contraire de ceux que l’on apprend dans la vie. Tout comme le travail de Miru Kim en somme.

Prestation art vivant (atelier des 5 sens). Prochaines sessions début janvier 2012

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Crédits : Miru Kim 

Alors que l’institut Ipsos sortait la semaine dernière sa projection des grandes tendances 2012, dans laquelle le besoin de réhumanisation du vivre ensemble s’exprimait de manière criante, en entreprise, ce besoin de communication s’articule autour de différents types de langages. De tous, celui qui est le moins valorisé et pourtant primordial car substituable par aucun autre, est très certainement le geste. A ce titre, il nous semble intéressant de porter notre regard sur le travail du chef d’orchestre, dont par exemple Claire Levacher est une éminente représentante féminine de cette profession confidentielle, pour comprendre en quoi le geste revêt un rôle fondamental dans la communication en équipe.

Le rôle du chef d’orchestre consiste à rendre cohérent le jeu de l’ensemble des musiciens par sa gestuelle, notamment en leur imposant une pulsation commune. Il règle l’équilibre des diverses masses sonores de l’orchestre, à la recherche constante de l’équilibre du son. Sur un plan plus artistique, c’est à lui que revient la tâche d’orienter l’interprétation d’une œuvre.

Pour arriver à ce résultat, Claire Levacher, tout comme ses confrères, procèdent par deux grandes catégories de gestes. La première, via la gestuelle de la main et de la baguette, regroupe l’ensemble des gestes de commandement, établi par un code conventionnel que le musicien va ensuite déchiffrer et traduire. on trouve dans cette catégorie les signes de départs, de mesure, de nuance, de nuances de jeu. La seconde catégorie, plus liée à l’expression du visage, rassemble l’ensemble des gestes expressifs non conventionnels, qui ne traduisent aucun ordre explicite mais néanmoins compréhensibles par les instrumentistes. C’est surtout cette catégorie, très subjective, qui va définir le caractère intrinsèque du chef d’orchestre.

Comme l’exprime Barbara Formis, maître de conférences en esthétique et philosophie à la Sorbonne, « la pratique du corps est une pensée ». En ce sens, rapporté au cadre professionnel, la communication non verbale est primordiale. La façon de sourire, de serrer la main, de regarder son interlocuteur ont un impact immédiat sur les relations entre individus. Or 80% de la communication d’une personne est non-verbale… Si la gestuelle d’une personne répond à une longue construction personnelle, en entreprise, communauté d’individus très codifiée, elle obéit aussi à une culture commune et aux règles implicites du vivre ensemble, édictées de manière volontaire ou non par la direction et son dirigeant.

On trouve ainsi des entreprises et des milieux professionnels plus ou moins expressifs, extravertis ou non. A travers son ouvrage « Le syndrôme de l’ascenseur », le professeur canadien en sciences sociales Yvannohé Anthanase analyse le milieu du travail hautement hiérarchisé de la fonction publique québécoise, qui crée un contexte de dépersonnalisation des interactions sociales, poussant ainsi les personnes à adopter des comportements parfois totalement antagoniques par rapport à leur identité, ce afin de se fondre dans la collectivité.

Qui n’a jamais été confronté au « bonjour, ça va ? » automatique d’un collège n’appelant d’ailleurs aucune réponse ? Chef d’orchestre comme chef d’entreprise, leur rôle est alors de savoir ordonner le tempo, la mesure et les nuances subtiles régissant les relations humaines au sein d’une communauté. Dans un cas comme dans l’autre, l’unisson ne s’obtient pas par le mimétisme et l’abandon de sa personnalité mais par la faculté à savoir engendrer un épanouissement tout en équilibre des musiciens ou salariés afin d’obtenir le meilleur d’eux-mêmes.

Prestation art vivant (atelier des 5 sens). Prochaines sessions début janvier 2012

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A travers son projet If/Then Installed, Le chorégraphe américain Richard Siegal questionne la reproductibilité des gestes de la danse à travers un nouveau processus créatif aléatoire. Transposé au monde de l’entreprise, la performance de Siegal nous fait alors nous interroger sur la symbolique des gestes au travail, leur répétition, leurs signifiants et signifiés.

Combinant art, danse, vidéo et utilisation des nouvelles technologies interactives, l’installation If/Then invite le spectateur à endosser le rôle d’un danseur, lequel doit imiter une série de gestes diffusés sur un écran, parmi un set de règles préétablis.

Chaque geste repose sur une règle simple : si vous faites x, alors je fais y. Si je fais y, alors vous pouvez faire z ou n, etc. La structure se développe ainsi au fur et à mesure en possibilités.  En parallèle, ses propres gestes sont filmés et analysés en temps réel grâce à un logiciel conçu à l’Ircam. A la fin de sa participation, l’image de l’utilisateur-expérimentateur remplace celle des visiteurs précédents dans une base de données de gestes évolutive, pour devenir à son tour modèle pour les prochains utilisateurs.

En questionnant ainsi la reproductibilité du geste, Richard Sieger ne fait qu’adapter à la danse une technique bien établie en entreprise, qui est la capacité ou non de l’employé à se saisir rapidement des process standardisés de l’entreprise pour se les approprier. Si l’on se doit bien sur d’évoquer Taylor et ses théories fondatrices sur l’organisation scientifique du travail, si bien dénoncée par la suite par Chaplin dans les Temps Modernes, puis l’apparition du Lean Management japonais des année 1980 et sa chasse aux coûts et même aux mouvements inutiles dans l’espace de travail, le travail contemporain est devenu essentiellement orienté sur le tertiaire, les services.

Le geste du travailleur d’aujourd’hui est plus subordonné à l’informatique, laquelle a fait fondre les gestes propres à un métier à travers un instrument unique, le clavier d’ordinateur, et à la relation aux autres, travail en mode projets courts et open-spaces aidant. Si jadis le geste faisait sens jusqu’à l’aliénation, aujourd’hui les deux sont décorélés. Ainsi le geste du travail contemporain se réduit à peu de signifiant mais une pléthore de signifiés. Le trader tout comme la secrétaire ont les mêmes instruments de travail et font peu ou prou les mêmes gestes. Les gestes physiques différenciants s’estompent peu à peu, participant à une abstraction croissante du travail. L’aliénation du travail d’aujourd’hui se passe de geste, d’ailleurs le stress est un syndrome psychosocial avant d’être physique.

Il est d’ailleurs symptomatique de voir de plus en plus de personnes hautement qualifiées se reconvertir après plusieurs années de travail de haut niveau dans des activités artisanales et manuelles. En cela, la pratique du geste différenciant peut être perçu comme vecteur de sens.

Prestation art vivant (atelier des 5 sens). Prochaines sessions fin janvier 2012

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If/Then Installed, une création du collectif The Backery, avec Richard Siegal, Frédéric Bevilacqua, Florent Bérenger, Hillary Goidell, Jean- Philippe Lambert. Crédit : Richard Siegal

http://if-then-installed.leprojet.net/

http://vimeo.com/21913891

Depuis le début, l’œuvre du plasticien français Benjamin Sabatier s’articule autour d’un concept aussi étonnant qu’innovant, qui place l´œuvre d´art au cœur de la réalité socio-économique contemporaine et nous interroge sur différentes caractéristiques de notre société – la standardisation, le consumérisme à tout va, l´aliénation du travail et par le travail. On se souvient de sa performance « 35 heures de travail », où en 2002 dans un coin du Palais de Tokyo il tailla des crayons 7 heures par jour, 5 jours durant, pour dénoncer jusqu’à l’absurde la répétitivité des gestes du travail.

En créant en 2001 sa propre « entreprise », l’IBK, l’artiste prend le parti de mélanger structure entrepreneuriale et démarches artistiques. Les titres de ses expositions (Peinture en kitSAV2PackAgeChantier…) sont tous des allusions au monde économique et marchand. De même il crée ses œuvres à partir de matériaux peu onéreux, accessibles à tous, incitant des fois le collectionneur à intervenir par lui-même, notamment grâce à ses « œuvres en kit ».

« A bientôt j’espère » est le titre de sa dernière exposition, qui se 17 novembre au 14 janvier 2012 à Besançon. En rendant ainsi hommage au film de Chris Marker sur l’usine Rhodiacéta et les grèves qu’elle connut en 1967, l’artiste propose un ensemble d’œuvres qui dessinent une esthétique de la lutte, liant encore une fois art et engagement critique. Dans le cadre de cette expo, à lieu une performance consistant à une distribution de flyers dans les rues de Besançon, sur lesquels est sobrement inscrit cette unique phrase « A bientôt j’espère », le tout sans aucune explication. Censée nous rappeler un geste promotionnel pour une marque, la rue n’est pas seulement le territoire du marketing de masse, mais aussi celui de la politique et des luttes sociales, d’où le geste du tract.

Celui-ci devient le vecteur d’une adresse d’un inconnu à un autre, l’esquisse d’une mise en relation, d’une prise de contact. De par sa construction, la phrase « À bientôt j’espère » annonce un processus déjà enclenché, une situation en train de se faire dont l’issu, si elle n’est pas clairement définie, n’en est pas moins désirée et attendue. S’ensuit d’autres œuvres, telle « Polyester Gaulois », grande hampe supportant une étoffe rouge pendant au sol. Entre drapeau et tissu industriel, la pièce réalisée en fibre polyester est un écho à celle produite par la fameuse usine Rhodiacéta de Besançon sous la marque Tergal, contraction de « Ter » pour polyster et « gal » pour galli- cus, gaulois.

« Eutopia » est une autre œuvre, constituée de 1620 briques, déposée en tas. La brique, comme objet basique pouvant être pris en main, renvoie autant au travail, au monde de l’usine, à son histoire et son architecture, qu’aux manifestations ou révoltes dont les participants s’en saisissent pour exprimer leur colère.

Plus loin, des milliers de clous planté dans un mur écrivent en négatif la célèbre phrase « Ne travaillez jamais » de Guy Debord. Enfin, « Tableau n°5 » est un tableau typique de Sabatier, renvoyant moins à la grande tradition picturale qu’à des formes plus prosaïques liées à l’organisation du travail et de la pensée.

Associations de textes et surtout de dessins simplement punaisés sur une planche de contreplaqué, il rend compte du processus de création qui a donné lieu à l’exposition. Telle une archive de celle-ci il présente le cheminement artistique et le processus de mise en œuvre de cette exposition.

On le voit, les artistes se nourrissent de plus en plus de l’entreprise et ses organisations du travail pour mieux les dénoncer et nous faire réfléchir à leurs propos. C’est aussi la démarche d’Executive Art, que d’introduire des artistes en milieu professionnel afin de provoquer échanges et réflexions constructives.

Prestation art vivant (atelier des 5 sens). Prochaines sessions jeudi 1er décembre et vendredi 2 décembre

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Crédit : Benjamin Sabatier

“A bientôt j’espère”, jusqu’au 14 janvier 2012 au centre d’art contemporain “Le pavé dans la marre”, 7 place Victor Hugo à Besançon.

Diplômée en management financier, en ingénierie et valorisation du patrimoine immatériel des entreprises et en théorie de l’art, Raphaële Bidault-Waddington, après avoir travaillé pendant 5 ans sur les marchés financiers internationaux, a choisi de se consacrer entièrement à ses pratiques artistiques depuis 2000. Fondatrice du LIID (Laboratoire d’Ingénierie d’idées) et membre de la chaire de recherche Art&Flux, son travail explore les langages économiques, les organisations et les stratégies autour de l’idée « d’intelligence esthétique » et de la subjectivité qui en découle.

Les audits conceptuels proposés par le LIID sont des approches globales ou locales d’une organisation, d’un processus particulier voire d’individus. Les résultats de ces analyses sont remis sous forme de documents originaux, les « Documents d’Art », ayant autant valeur de document de travail pratique que d’objet stratégique précieux « à conserver comme une œuvre d’art livrant une vision unique ». Raphaële Bidault Waddington utilise ainsi sa précédente expérience d’auditrice financière pour la transposer dans une démarche nouvelle, celle de l’audit esthétique », révélant par la même l’importance croissante prise par la notion de « capital immatériel » dans l’estimation de la valeur d’une entreprise.

L’artiste a notamment réalisé  « Mindscape », sorte de « carte mentale » pour la planification de l’Exposition universelle de Shanghaï 2010. Pour Mindscape, l’artiste part de l’agencement des différents quartiers autour du fleuve traversant Shanghaï. Mindscape parvient à révéler la subjectivité de la pratique de l’audit, même lorsque celui-ci prend la forme sérieuse d’un schéma apparemment finement structuré. L’artiste révèle la difficulté à cartographier les champs du savoir, tant et si bien qu’il est fort probable que le visiteur de Mindscape finisse par être davantage séduit par la forme du compte rendu que par les informations qu’il délivre.

Cette mise en abîme propose alors une critique de l’ensemble des pratiques de l’audit qui semblent privilégier la séduction formelle (beaux graphiques, « jargonage », utilisation du franglais, etc.) face à un fond bien souvent assez banal. Autrement dit : jusqu’à quel point une information – aussi dense soit-elle –peut-elle supporter sa modélisation ? Et surtout, jusqu’à quel niveau une présentation séduisante de l’information peut-elle faire oublier l’information au profit de la « rhétorique » visuelle mise en œuvre ?

Autre exemple, son installation « Bulle Poético-spéculative », système fonctionnant de manière quasi-autonome n’est pas sans rappeler le mode de fonctionnement des cotations boursières. Le dispositif est simple : une boule à facettes disposée au centre d’une pièce faiblement éclairée projette une lumière sur les petits miroirs de la boule. La lumière éclaire de petites images disposées à même le mur. Finalement, ce qui est « mis en lumière » dans ce dispositif, ce ne sont pas les images mais la manière dont ces images sont rendues importantes. Ainsi, la mise en lumière des informations exposées sur le mur paraît aléatoire.

Nous sommes donc dans un système autonome, qui une fois lancé, « décide » du déroulement des processus à venir. De la même manière, si une entreprise voit la valeur de son action monter en bourse, cela ne signifie pas que les actifs de cette entreprise augmentent, mais simplement que les investisseurs évaluent positivement son potentiel. Or l’évaluation du potentiel d’une entreprise fait certes référence en partie à des données statistiques (chiffre d’affaire, actif, etc.), mais participe surtout d’une « croyance ». Lorsqu’on spécule sur un titre, on mise non pas sur la situation immédiate du titre mais sur ce qu’on imagine qu’il deviendra à court, moyen ou long terme.

Dès lors, il convient de s’interroger sur ce que notre artiste appelle les « pièges à conviction ». Où comment dans une société où l’information est la donnée reine, sa mise en forme prend le pas sur sa signification et influencer un public, même professionnel. A l’instar de Waddington, pourquoi ne pas utiliser l’expertise d’artistes à la sensibilisation aux notions d’objectivité, de subjectivité et de lecture des différents niveaux d’une information donnée. C’est ce que se proposent de faire les Ateliers des Cinq Sens d’Executive Art.

Prestation art vivant (atelier des 5 sens). Prochaines sessions mercredi 30 novembre, jeudi 1er décembre et vendredi 2 décembre

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Crédit : Raphaële Bidault-Waddington, Mindscape, Bulle Poético-spéculative

http://goodwill.is.not.free.fr/

http://www.liid.fr/

Quand on parle de théâtre dans un cadre professionnel, tout le monde dit : « Oh je vois très bien ! Mon bureau est un théâtre, je passe mon temps à jouer ! » Quand on parle d’improvisation théâtrale, là encore, c’est l’unanimité : « improviser ? C’est mon quotidien ! » C’est vrai, théâtre, improvisation et vie professionnelle sont intimement liés. Mais les techniques théâtrales et d’improvisation telles que les développent Executive Art, loin d’être seulement des « manières d’être », plus ou moins conscientes, peuvent être de véritables outils de développement professionnel s’ils sont bien utilisés.

En mettant l’art au service de l’entreprise et de ceux qui y travaillent, Executive Art utilise les techniques théâtrales comme outil permettant de travailler sur un comportement et son style de communication. En prenant conscience des forces d’un individu, du « personnage » qu’il développe inconsciemment aux yeux des autres, il est possible de renforcer l’impact de sa communication envers l’autre. Ainsi, dans le cas d’une prise de parole devant un public d’entreprise par exemple, si nous ne sommes pas né pour être un grand orateur, il est inutile de forcer sa nature.

En revanche, à partir de ce que nous sommes, de ce que chacun exprime par sa simple présence, il est possible de « travailler » le personnage qui permettra de porter un message devant un public, ce sans forcer sa personnalité et son caractère. Une femme qui peut sembler manquer d’assurance à première vue, très (trop) douce, peut s’appuyer sur sa capacité et son plaisir à être une conteuse. C’est dans le rôle de « raconteuse d’histoires » et non de leader d’opinion qu’elle sera la mieux entendue. Utiliser l’art vivant permet de canaliser ses émotions pour toutes les orienter dans une même direction, au service d’une plus grande performance professionnelle.

C’est tout le travail d’un coach comédien que de trouver dans quel type de personnage une personne s’incarne le mieux pour lui permettre par la suite de développer sa communication selon le profil adapté. Les liens et implications sont infinis.  Si l’on s’intéresse de plus près aux possibilités de l’improvisation en milieu professionnel, il suffit de citer le principe des jeux de rôles. Un comédien formateur et improvisateur joue en one to one ou one to few l’interlocuteur de la personne formée. Celle-ci peut alors expérimenter sans aucun risque les conséquences de son comportement car le formateur réagit à ses paroles et ses actes dans un milieu protégé.

Ainsi dans un contexte de tension sociale dans une usine, on peut reconstituer des entretiens entre chefs de ligne et syndicalistes. Le chef de ligne pourra à la fois tester sa capacité à reconnaître quel profil de communicant il a devant lui et à adapter sa communication, mais aussi s’entraîner à utiliser des outils de gestion de conflits. C’est la meilleure manière d’expérimenter des techniques de communication et de management dans toutes les situations car le formateur peut tout jouer. De quoi être prêt ensuite pour le moment M.

Prestation art vivant (atelier des 5 sens). Prochaines sessions mercredi 30 novembre, jeudi 1er décembre et vendredi 2 décembre

 

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Crédit : Compagnie On/Off

Nos comédiens formateurs se produisent actuellement dans le spectacle “Chambres avec (impré)vue au théâtre l’Essaïon à Paris.

Fondée par Philippe Jousse, la galerie parisienne Jousse Entreprise se partage entre une activité de design et une plus centrée sur l’art contemporain. « Galerie incubatrice », elle expose de jeunes artistes-entrepreneurs tel Julien Prévieux ou Joep van Lieshout.

Le travail de Prévieux est souvent fondé sur la confrontation d’un individu solitaire avec un environnement donné, qu’il soit physique, social, économique ou politique. S’esquisse alors un art du décalage qui oscille entre humour absurde et tentative de révolte.

Pour preuve ses « Lettres de non-motivation » (2009), cocasses et amères : il répondait à des petites annonces en expliquant pourquoi il ne postulait pas au poste proposé, les réponses des entreprises étant généralement des courriers rédigé à l’avance, ne retenant pas sa « candidature » et lui souhaitant bonne chance ! Une œuvre dénonçant une société déshumanisée, où tout va trop vite, sans espoir ni futur.

Un de ses autres travaux présenté par Jousse Entreprise est une installation intitulée « Forget the money ». Sont ainsi présenté une série de livres, Wall Street Christmas, Sin, The dying animal, White sharks, Inventing money, Lies and the lying liars, End of tears, No second chance… Qui ont tous pour point commun d’avoir fait partie de la bibliothèque de l’escroc Bernard Madoff, vendue, aux enchères par le FBI… et racheté par Julien Prévieux !

L’artiste a ensuite extrait desdits ouvrages des phrases contenant le mot «money» et en a fait une liste où le maudit mot est redondant, inévitable, obsessionnel. Une pièce sonore complète le dispositif : emphatique, nerveux, un acteur déclame ces sentences définitives où «argent» est le maître mot.


Le néerlandais Joep van Lieshout est à la tête d’un atelier fonctionnant comme une PME et regroupant une vingtaine de personnes aux compétences complémentaires : architectes, artistes, ouvriers qualifiés dans le travail de matériaux divers, tels que le métal, le bois, le polyester. Leurs productions débordent les frontières entre architecture, design et art contemporain. Tous partagent la même vision d’un monde en pleine mutation. Tous mettent l’art au service d’une éthique. Le tout avec humour.

On le voit, Jousse Entreprise est une galerie engagée, qui aime à faire connaître des artistes connecté au monde réel et même à celui de l’entreprise pour mieux en dénoncer ses obsessions et absurdités. La galerie est d’ailleurs présente à la FIAC qui se tient actuellement au Grand Palais, à Paris.

Prestation art vivant (atelier des 5 sens)

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Crédit : Julien Prévieux, Joep van Lieshout (AJL)

Vous avez très certainement entendu parler de la « Post-it war », cette bataille entre entreprises du tertiaire à base de figurines en post-it collées sur les vitres de leurs tours de bureaux. Tout à débuté à Montreuil chez l’éditeur de jeux vidéos Ubisoft, où les employés ont eu l’idée de reproduire des space invaders en post-it sur les vitres, lesquelles donnaient sur l’entreprise voisine, BNP Paribas.

La riposte ne s’est pas faite attendre. Les salariés de la banque leur répondant en reproduisant le canon du jeu vidéo Space Invader.  Dès lors, le phénomène s’étendit à de nombreuses entreprises de Paris, la Défense, Lille, Lyon, et atteignit même l’étranger. Même la très vénérable maison Guerlain y participa en reproduisant un flacon de son parfum Shalimar sur ses vitrines…

Dès lors, quel sens donner à ce mouvement totalement spontané et éphémère, initié par des salariés d’entreprises appartenant à des secteurs (industrie, services financiers…) plutôt considérées comme non créatifs ?

En premier lieu, il est bon de noter que les directions des entreprises concernées, d’abord circonspectes, après tout c’est du temps pris sur celui du travail, n’ont pas réprimé ces initiatives. Car en effet, ce mouvement véhicule plutôt une culture d’entreprise positive et dynamique, créant un capital sympathie et du lien social entre les individus et les entreprises.

Pour grand nombre d’entre elles, les figures crées étaient des héros de jeux vidéos des années 80, tels Pacman, Sonic, Mario. Des icones de la génération X, celle qui découvrit les premiers jeux vidéos, et qui aujourd’hui constitue une large part de la population active. Pour la première fois, cette pop-culture, partagée par tout une génération de salariés et cadres est sortie des souvenirs de chacun pour s’afficher dans les locaux mêmes des entreprises.

Ce n’est pas l’art qui rentre dans les entreprises, mais les acteurs de celles-ci qui en génèrent à l’unisson. Reprenant les codes d’appropriation de l’espace public et la spontanéité du street art, la Post-it war peut s’apparenter à une nouvelle forme d’expression collaborative au sein des entreprises que l’on pourrait nommer « l’office art ».

Une nouvelle preuve s’il en fallait du besoin d’expression et de communion des personnes de l’entreprise autour de valeurs fédératives et créatives. Une nouvelle preuve aussi que monde de l’entreprise et expression artistique ne sont pas antinomiques mais bel et bien complémentaires, l’un nourrissant l’autre et inversement. Ce constat, Executive Art s’évertue à le faire admettre aux directions d’entreprises tout comme aux artistes.

Qu’est-ce que l’image de soi ? C’est comment on se voit, ce que l’on croit être, ce que l’on croit que l’on est capable de faire, comment on croit que les autres nous voient, la photo de nous-mêmes que nous avons en tête, le rôle que nous croyons jouer.

Après s’être fait connaître pour ses photos de nature morte destinées à des campagnes publicitaires, le photographe français Christian Chamourat choisit de se spécialiser dans les portraits, plus particulièrement dans les portraits de caractère, ce qui le conduit à photographier des personnalités du monde du spectacle, de la littérature, de la politique, mais aussi des dirigeants de sociétés.

Le fil conducteur de cette démarche ? Tenter de révéler « l’image de soi », celle que l’on transmet de manière consciente ou non aux autres. Parce que la photographie d’un visage exprime souvent davantage de choses que les mots pouvant le décrire, l’image est un vecteur souvent plus fort que le texte. . Illustrer par exemple la confiance que l’on peut avoir dans une entreprise est beaucoup plus percutant à travers le portrait du dirigeant et de son expression.

A ce sujet, Chamourat révèle quelques évolutions dans le rapport qu’entretiennent les milieux économiques avec l’image. «  Je me suis souvent demandé pourquoi en France on n’aimait pas être photographié. Mon analyse tient au fait que l’on ne reçoit pas, lors de son cursus scolaire, un apprentissage à la lecture et à l’analyse d’une image tout comme on le reçoit pour un texte ». L’autre paramètre tient au fait que se faire tirer le portrait nécessite un certain « lâcher prise », contraire aux dogmes du contrôle de soi des milieux économiques.

En travaillant de façon très intuitive, Christian Chamourat privilégie les cadrages serrés, se focalisant sur l’expression du visage, laquelle s’exprime principalement par le regard. Un regard qui permet même d’imaginer le sujet en pied. Plus on est proche du regard, plus la personnalité est forte. A contrario la représentation en pied est souvent anecdotique.

A la question si l’art du portrait a connu une évolution dans les entreprises au cours de ces dernières années, il estime que si l’évolution a été marquante sur le plan technique et esthétique, il y en eu peu sur le plan de l’expression de l’être. A vrai dire, la nouveauté réside plus dans une disponibilité un peu plus importante. Rarement autorisé dans le cadre de l’entreprise, où les entourages des chefs d’entreprise considèrent qu’ils n’ont pas de « temps à perdre » pour une photo, le temps de la photo, qui lie photographié et photographe évolue.

Or, savoir donner un vrai sens à un portrait, livrer la vraie « image de soi », n’est pas vouloir recréer un assemblage de photos vues dans les magazines, lequel n’aboutira jamais à une représentation fidèle. A travers ses portraits, Christian Chamourat effectue un remarquable travail sur l’être et le paraître, cherchant à capter l’émotion dégagée quand l’être prend le dessus sur l’apparence. Des images sincères qui peuvent aider les entreprises a redonner un sens à leurs actions et communications.

Prestation art vivant (atelier des 5 sens) / « La vue »

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Crédit : Christian Chamourat, http://www.christianchamourat.com/


Depuis 1995, David Guez réalise des projets artistiques présentés sous la forme de sites web, objets, installations, performances qui questionnent des sujets tels que les médias libres, la psychanalyse, l’identité, le rapport au temps, à la mémoire, au libre arbitre.

Son travail « 2067, email vers le futur » est une réflexion sur le temps, la mémoire et la trace que l’on laisse. Est ainsi proposé aux internautes d’envoyer un message à une personne en choisissant une date de réception dans les semaines, les mois ou les années à venir. En attendant d’être livrés, les mots patientent sur le réseau. Dès la mise en ligne de l’œuvre, les réactions pleuvent. Et si l’un de nous meure avant la date choisie ? Et si nous ne nous aimons plus ? Et si nous sommes séparés ? Autant de questions à résoudre avant même d’avoir rédigé les 2000 signes car, une fois envoyés, il devient impossible de les supprimer. L’artiste prévient des « risques » : le programme n’a pas été conçu pour faire machine arrière. Mais le lien mental, l’attente et le désir entre 2 personnes est activé.

Une variante de ce projet fut « 2067 Telecom », qui jouait sur le même principe mais en y ajoutant la voix. « C’est le médium le plus puissant pour le souvenir ». Il s’agissait ici de décrocher le combiné d’une vieux téléphone à cadran. Un numéro se composait automatiquement. A l’autre bout du fil, une voix invite le visiteur à laisser un message vocal pour le futur. A terme, l’artiste espère développer son projet en l’installant dans les cabines téléphoniques.

“L’horloge 2067″ est une autre œuvre jouant sur notre rapport à la mémoire. Elle enregistre en permanence l’espace sonore environnant à son installation. Lorsque le visiteur actionne les aiguilles de l’horloge dans le sens contraire, se déclenche alors la restitution d’une séquence sonore précise, sur une durée déterminée. Puis, les aiguilles reviennent à leur fonction initiale et redonnent l’heure du présent. Le questionnement qui est ici soulevé est la tension entre le désir humain de remonter les traces de son passé et l’objet technologique, qui lui se contente d’égrainer irrémédiablement le temps. La finalité du projet serait de constituer un réseau de ces horloges, lesquelles seraient connectées entre elles par l’unique fonction du temps.

Une manière de ralentir le temps et d’agir sur la vitesse incroyable des flux qui nous gouvernent. « Mon art, c’est l’autre, l’art est un échange » aime à dire David Guez. En effet, dans les exemples précités, l’œuvre ne se concrétise que par la participation de l’humain dans un système pré-établi. Cette forme esthétique relationnelle prend tout son sens dans l’univers de l’entreprise, où le travail ne se vit plus dans une relation homme / homme mais homme / machine ou homme / machine / homme, laquelle machine (ordinateur) sert de boite à mémoire de l’entreprise. Les rayonnages de gros classeurs ont disparu au profit d’un archivage numérique et virtuel. Par son travail, David Guez met le doigt sur les excès qu’une déshumanisation à outrance au profit de la technologie peut exercer, notamment en se faisant ainsi déposséder de sa propre mémoire.

Prestation art vivant (atelier des 5 sens)

Pour toute demande d’information complémentaire : executiveart@hotmail.fr

Crédits : David Guez,

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