Si le pouvoir a toujours été incarné par des personnages, les hommes de pouvoir contemporains sont tellement entourés de conseillers en communication que chaque image qui est diffusée d’eux est dûment mise en scène et soumise à approbation avant diffusion. Ces puissants, qui plus que tout honnissent de perdre le contrôle de la situation et d’eux-mêmes,  imposent leurs poses à travers des postures stéréotypées et figées.

C’est à cet état de fait que le photographe français Olivier Roller a entrepris de s’attaquer à travers sa série de portraits « Figures du pouvoir ». Depuis deux ans, le photographe compose peu à peu une fresque de portraits témoignant des visages du pouvoir en France au début du XXIème siècle. Il s’agit de résumer une société par ceux qui la dirigent et l’influencent.

A rebours du glamour, du Botox et de la retouche Photoshop, Roller saisit le descellement des visages, l’instant exact où les puissants ne cherchent plus à se reprendre et livrent malgré eux le plus profond de leur âme. Le tout en un 250ème de seconde, lors de séances n’excédant pas dix minutes et sur un fond unique gommant tout décor. La sincérité ainsi reprend la main sur l’artifice des visages trop vus et du récit préfabriqué. Comme le dit Roller, « là où ça devient intéressant c’est lorsque la personne peut vaciller. Il s’agit de réussir à capter ce qui est fort mais peut être aussi tangent. »

Méthodiquement, le photographe s’attache à dépeindre les figures emblématiques des secteurs de pouvoir de notre époque. Politique, finance, publicité, média, mode, cinéma, milieu intellectuel… Mais en tentant toujours de le faire à un moment susceptible de révéler au mieux les failles de l’humain. Les publicitaires choisis sont alors les témoins emblématiques de l’âge d’or de la pub d’il y a vingt ans, les ministres sont ceux de 2007, époque où la fonction relevait plus du « valet de chambre », les financiers, lors de la crise de 2008.

« Faire un portrait c’est comme faire le siège d’une forteresse, et au final finir par la prendre » dit Roller, qui cite alors le cinéaste Robert Bresson « Sois sur d’avoir épuisé tout ce qui se communique par l’immobilité et le silence ». Car les visages sans fard du portraitiste nous amènent aussi à nous interroger sur la place du regard dans le monde de l’entreprise.

Canalisée et formalisée, la faculté de savoir regarder est autrement plus riche d’enseignement que le simple fait de voir. Savoir prendre le temps de regarder, de comprendre, d’analyser, constitue un indéniable facteur de performance pour l’entreprise et ses hommes. Donner à voir, savoir exprimer une vision, tels sont les fondamentaux que se propose d’enseigner Executive Art à travers ses ateliers autour de la vue.

Prestation art vivant (atelier des 5 sens) / « La vue »

Pour toute demande d’information complémentaire : artetcompany@gmail.com

Crédit : Olivier Roller. Site web : http://www.olivierroller.com/

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